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La sauvegarde : à consommer sans modération

13 décembre 2018 | Sécurité informatique

Une fois n’est pas coutume, nous allons aborder aujourd’hui la sauvegarde de vos données numériques.

Pourquoi faut-il s’y intéresser ?

J’ai eu récemment le cas d’un client qui bien entendu n’est pas informaticien pour un sou et qui allume son PC. Au lieu de l’écran d’identification de Windows, il obtient un bel écran noir.

Affolé il m’appelle en me demandant quoi faire. Je vais le voir et après maintes manipulations, force est de constater que son disque dur présentait un défaut.

Il est allé voir son revendeur de matériel qui l’a remplacé. Heureusement, il était encore sous garantie. La malchance existe mais je pense plutôt à une mauvaise série. Au final, mon client a eu de la chance. Pourquoi ? Parce que nous faisons régulièrement des sauvegardes. Il a ainsi pu restaurer ses données et continuer à travailler.

Voilà une des raisons qui doivent vous inciter à sauvegarder vos données. Mais il y en  d’autres :

  • une mauvaise manipulation qui vous fait effacer un fichier ou un dossier définitivement,,
  • un virus qui affecte vos fichiers,
  • la restauration d’une ancienne version de fichier qui écrase la plus récente,
  • le besoin de déplacer vos fichiers vers un autre matériel (nouveau PC)

Quoi sauvegarder ?

Vous pouvez sauvegarder l’image d’un disque dur complet pour vous éviter la réinstallation d’un système d’exploitation et des logiciels que vous utilisez. Cette méthode est généralement plus lourde et demande plus d’expertise. Elle est surtout pratiquée par les informaticiens pour déployer en masse des images de disque dur calibré pour une certaine utilisation. Elle se pratique aussi à chaud sur des disques de serveur. Quoi qu »il en soit, elle n’est pas préconisée pour les TPE.

L’autre façon d’opérer c’est la sauvegarde de données créées avec vos logiciels de traitement de texte, de calcul, de dessin …. Il s’agit ici de sauvegarder le contenu de vos dossiers de travail mais pas du système d’exploitation, ni des logiciels. C’est le cas que l’on rencontre le plus fréquemment.

Comment sauvegarder ?

La première question que vous pouvez vous poser c’est « dois-je sauvegarder tous les fichiers à chaque sauvegarde ou seulement ceux qui ont été modifiés ? « . La réponse semble évidente, n’est-ce pas ? Il est inutile de sauvegarder l’ensemble des fichiers. Cela créerait un volume non négligeable à gérer. La sauvegarde serait plus longue et plus consommatrice de supports de stockage. Seuls ceux qui ont été modifiés doivent donc être sauvegardés. On appelle cette méthode la sauvegarde incrémentielle.

Bien entendu, la toute première sauvegarde sera complète. Les suivantes ne prendront en compte que les fichiers modifiés ou ajoutés.

Une fois le type de sauvegarde choisi, il vous faudra planifier la sauvegarde selon votre rythme (heure, journée, semaine, mois).  Ce rythme dépend de votre façon de travailler et notamment de la fréquence à laquelle vous intervenez sur vos fichiers.

Pour vous faciliter la tâche, je vous conseille de créer un dossier père qui reçoit tous les sous-dossiers accueillant vos différents fichiers. Vous pourrez ainsi demander la sauvegarde de ce dossier père sans vous poser la question de l’endroit où se trouve votre fichier.

Quelles sont les solutions disponibles pour les TPE ?

Vous pouvez utiliser différents moyens de sauvegarde que vous pouvez combiner entre eux, si vous souhaitez utiliser les bretelles et la ceinture.

  1.  La première des options est de travailler dans le cloud. Si vous pratiquez des solutions comme GSuite ou Office365, vos sauvegardes sont faites en temps réel sur des serveurs externes à votre réseau. Du coup, vous ne vous préoccupez pas de sauvegarder … les fichiers créés avec ces suites bureautiques en ligne. Qu’en est-il des autres fichiers (Word, Pdf …) créés en local ou  téléchargés ? Pour ceux là, il existe la possibilité de les synchroniser via un outil : GDrive pour Google ou OneDrive chez Microsoft. Ces logiciels permettent de dupliquer un dossier vers un clone hébergé dans le cloud.
  2. La deuxième solution est de sauvegarder sur un disque dur local et externe. C’est une solution pour ceux qui n’ont pas envie de stocker leurs données dans le nuage. Il faudra en choisir un suffisamment large pour accueillir vos données. La sauvegarde se fait généralement via un outil livré ou pas avec le matériel. J’utilise régulièrement un outil Open Source : Cobian Backup. Il en existe d’autres, à choisir selon votre environnement. Personnellement, il me permet de lancer une sauvegarde hebdomadaire de mes données. Je choisis les répertoires à sauvegarder. J’ai opté pour la sauvegarde différentielle.
  3. Pour ceux qui dispose d’un réseau vous pouvez opter pour une sauvegarde sur un NAS (Network Attached Storage ou Boîtier de stockage sur un réseau). Elle s’apparente à la sauvegarde sur disque dur mais pousse la sécurité un cran plus loin. En effet, les NAS sont équipés de 2 disques durs ou plus (3, 4, 5 ou +) qui assurent une redondance de l’information. Selon le nombre de disques installés vos données seront récupérables même si un des disques présente un défaut. Ces matériels sont livrés avec un logiciel de sauvegarde qui leur est propre. Les fabricants les plus en vue sont QNAP, Synologie & LaCie.
  4. Graver les fichiers sur un DVD : c’est une méthode moins courante mais elle a l’avantage d’être pérenne et plus facilement transportable. Il y a bien entendu une contrainte de volume.

La gestion des versions

Une question vous effleure peut-être l’esprit : « Quel est le temps de conservation des sauvegardes afin de pouvoir restaurer la version souhaitée ?« . En effet, vous pouvez être amené à remonter à la nième version d’un document pour différentes raisons.  Il s’agit donc ici de gérer les versions.

La sauvegarde incrémentielle citée plus haut demande une gestion des versions. Le fichier modifié sauvegardé n’écrase pas la précédente version mais il est dupliqué dans un nouveau dossier qui contient les derniers fichiers modifiés. La recherche des versions se fait donc dans les différents dossiers créés par chaque sauvegarde incrémentielle.

Si vous retenez la solution de la sauvegarde dans le cloud avec la solution Gsuite ou autres, vous pouvez récupérer la bonne version encore plus simplement.  

Comment choisir ?

Pour les TPE la solution de la sauvegarde dans le cloud est, selon moi, une des meilleures solutions. tant du point de vue technique, ergonomique que financier. 

Par exemple, la solution GSuite Basic de Google offre, de base, un espace de stockage (tous types de documents confondus, sachant que les fichiers créés par Gsuite directement ne sont pas comptabilisés dans l’espace utilisé) de 30 Go. et coûte 4 €/mois (*). Vous pouvez étendre la capacité de stockage (ajouter 9,99 €/mois (*) pour un To de stockage) ou passer à la version GSuite Business qui coûte 8 €/mois (*) qui offre une capacité de stockage illimitée. 

Si vous êtes allergique au stockage sur des serveurs externes alors optez pour le NAS qui sera à installer sur votre réseau. Son choix se fera en fonction :

  • du volume à sauvegarder
  • de la criticité des données sauvegardées
  • de la qualité du logiciel de sauvegarde / restauration
  • des caractéristiques techniques du NAS (RAM, processeur, connecteurs, consommation électrique …)
  • de votre budget : sur ce point pensez à bien vérifier que le prix annoncé inclut les disques durs. 

En conclusion, n’oubliez pas de faire des sauvegardes car les erreurs et les menaces de toutes sortes planent sur vos données. Si vous considérez que leur perte serait une catastrophe alors foncez et mettez en place votre solution de sauvegarde, quelle qu’elle soit. Faites le maintenant ! 

Si vous savez pas par où débuter, adressez vous à un professionnel. Il saura vous accompagner de manière sûre et efficace.

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(*) Tarif au 1/12/2018